The Fax, a new medium, arouses new concepts

ARTSPEAK - New York - Vol. XI N°5 - November 1, 1989

Traduction française de Théo Barbu:

A peine le fax a-t-il fait son apparition dans les entreprises que les artistes, à la recherche de nouvelles expériences esthéthiques, s’en sont emparé. Stéphan Barron et Sylvia Hansmann ont utilisé ce nouveau support en septembre dernier, lors d’un parcours le long du méridien de Greenwich, de Villers-sur-mer (France) à Castillon de la Plana (Espagne). Chemin faisant, ils ont envoyé grâce à un télécopieur de voiture des informations et des images en direction de neuf lieux d’art en Europe, dont l’Institut français à Cologne, et la galerie Alain Oudin à Paris.

Les messages envoyés par fax n’ont pas la qualité d’une photographie ou d’un dessin adressé par la poste. En revanche le fax permet de réintroduire la dimension théatrale de l’immédiat et du direct dans les lieux d’exposition, la dépêche artistique pouvant tomber à n’importe quel moment. Le fax, c’est l’urgence de l’émotion retrouvée: l’artiste émetteur est potentiellement en contact permanent avec le visiteur recepteur de la galerie.

L’expérience artistique de Stéphan Barron et Sylvia Hansmann, soutenue par le Ministère de la Culture, France Télécom, EGT et l’IGN, a valeur simultanément de décentralisation et de délocatisation de la création. Décentralisation parce que les oeuvres de Barron et Hansmann, douées d’ubiquité, font leur appartition simultanément dans plusieurs lieux en France, en Espagne, en Allemagne. Délocalisation parce que l’atelier de l’artiste se transporte sur le lieu même de l’exposition, où est fabriquée et mise en scène l’image définitive: à la galerie Alain Oudin par exemple, le ruban de la télécopie traverse un plancher, et l’exposition se prolonge à l’étage inférieur.